Je l’avoue, je ne situais pas vraiment le KIRGHISTAN, ce pays du bout du monde et n’imaginais pas de m’y rendre un jour jusqu’à ce que…ce jeune couple, Gulnara et Shamil, ne m’ouvrent la porte de leur maison, à Bishkek, pour deux semaines de rêve.
Seul, Shamil, parlait français.
Gulnara et leurs 3 enfants, l’anglais, le russe et le kirghize.
Sourires… la plus jeune m’a d’abord accueillie très fraîchement.. je lui volais l’attention de sa famille et elle ne comprenait rien à ce que je disais.
Mais, 2 jours après, elle me déclarait sa « deuxième meilleure grande amie » et la voici en train de préparer quelque spécialité kirghyze en mon honneur ..
L’amitié ne se raconte pas, elle se vit
Et je n’ai pas l’intention de divulguer ici toute la gentillesse et l’attention que mes amis m’ont offertes spontanément. Voici simplement quelques images en vrac de ce magnifique pays que je vous recommande chaudement :
La fête nationale du Kirghistan , à BichkekBichkek, vu de ma chambreBichkek toujours Avec Gulnara.Délicieuses spécialités kirghizes !!Séance d’initiation à l’artisanat kirghize avec la plus grande fille de la familleLa petite église bleue tout près de la maisonÀ la plage ou à la montagne, avec ma meilleure plus petite amie ..
Et j’écris ici comme le dit Blaise Cendrars, poète et écrivain du XXème siècle.
Comme je l’ai précédemment raconté , sa très célèbre Prose du Transsibérien m’a décidée, à l’âge de 17 ans, à marcher un jour dans ses pas.
J’ai attendu plusieurs années, il me fallait le temps et l’argent, mais j’y suis parvenue, forte de cette citation de mon prof’ de philo :
« Ne renonce jamais à tes rêves, tu pourrais bien te mépriser.«
Je suis donc partie seule, aux premiers jours d’un mois de janvier, pour une parenthèse magique de 2 mois, en Russie puis en Chine.
J’aime le froid et la neige.
Dans les pages qui suivront, tous les 15 jours, je vous raconterai différents moments de ce voyage en transsibérien, de Moscou à Oulan-Oudè, puis en Transmandchourien, jusqu’à Pèkin.
Mais, en attendant, pour que vous puissiez comprendre pourquoi il m’a enchantée,
je vous laisse écouter la PROSE du TRANSSIBÉRIEN, un long poème en prose d’une dizaine de pages et dont je copie ci-après la première strophe:
Blaise CENDRARS y évoque la légende de Novgorode, l’un de ses premiers poèmes, que je vous livre également:
La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France
En ce temps-là, j’étais en mon adolescence J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance J’étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours Car mon adolescence était si ardente et si folle Que mon cœur tour à tour brûlait comme le temple d’Éphèse Ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche. Et mes yeux éclairaient des voies anciennes. Et j’étais déjà si mauvais poète Que je ne savais pas aller jusqu’au bout. Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare croustillé d’or, Avec les grandes amandes des cathédrales, toutes blanches Et l’or mielleux des cloches… Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode J’avais soif Et je déchiffrais des caractères cunéiformes Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s’envolaient sur la place Et mes mains s’envolaient aussi avec des bruissements d’albatros Et ceci, c’était les dernières réminiscences Du dernier jour Du tout dernier voyage Et de la mer………