La simplicité est la sophistication ultime. — Leonard de Vinci 

Me voici donc japonaise, en yukata blanc-bleu pour la fête d’Obon

Je vous ai raconté mon premier chez moi au Japon. Quelques photos pour illustrer l’épisode. Ce ne sont pas les miennes sur lesquelles se trouvent toujours ma famille ou mes amis et dont je tiens à préserver l’anonymat.

Comment était ma maison et sa petite ruelle japonaise Iwato-cho ?

Les maisons traditionnelles, d’un style épuré minimaliste, respirent l’harmonie.

Au Japon, on chauffe son corps plutôt que la maison

à l’intèrieur, l’ancestral Horigotatsu toujours utilisé car c’est bien plus qu’une simple table. C’est un véritable cocon de chaleur !

Au XIVe siècle, il fut créé pour pallier le manque d’isolation des maisons japonaises, qui laissaient entrer le froid un peu trop facilement.
À l’origine, un brasero à charbon de bois était glissé sous la table pour réchauffer ceux qui s’y installaient.
Mais ces braséros au milieu de tatamis en paille dans des maisons en ossature de bois provoquaient de graves incendies lors de forts tremblements de terre, notamment celui de 1923.
Aujourd’hui, ils sont équipés d’un chauffage électrique bien plus sécurisé et pratique.

Son fonctionnement ?  simple, mais extrêmement efficace :
une table basse surmontée d’un futon épais qui retient la chaleur, et sous le plateau, une source de chaleur douce.
Résultat ? Il suffit de glisser ses jambes sous le futon pour ressentir une agréable sensation de bien-être, sans gaspiller d’énergie à chauffer toute une pièce.
Discuter, se restaurer ou faire une sieste en s’allongeant sur les tatamis et sous la couverture…

Selon le même concept, Ofuro, également un rituel ancestral de culture japonaise traditionnelle . En quoi est-ce si particulier ?

Il  consiste à s’immerger un long moment jusqu’au cou, dans de l’eau chaude de 40 à 50°C, après s’être méticuleusement douché à l’extèrieur et ce n’est qu’une fois propre qu’on entre dans la baignoire reliée à un thermostat et recouverte pour conserver la température.
Un havre de paix sacré à la fin de la journée pour réchauffer son corps, méditer en silence et se ressourcer, lové dans la vapeur. 
😉 petit bémol : toute la famille, des grands-parents d’abord jusqu’aux enfants se trempent successivement dans la même eau….

Dans ma maison, c’était celle d’hier : des toilettes  » à la turque », certes moins confortables mais plus hygiéniques…

Les occupants de la maison plus ou moins sympathiques dont je vous ai parlé: Tarente et scolopendre

au fond de la baignoire,.. Omukade 大百足, un scolopendre, mille-pattes géant d’une vingtaine de cms.
Un  yōkai 妖怪, selon les légendes japonaises depuis le VIIIe siècle

À bientôt !🦎🦎

Les voyages ménagent d’imprévisibles surprises…

Je l’ai raconté déjà, j’ai vécu et enseigné au Japon.

Une période de ma vie dont je garde de magnifiques souvenirs, souvent touchants, parfois drôles et… celui-ci :

Après avoir passé 2 mois dans un « dormitory » et obtenu mon visa de travail, j’avais enfin trouvé ma maison , à 500 m de l’Institut franco-japonais où j’enseignais.
Plus modeste que celles de la photo ci-dessus, mais exactement du même style, adossée à un rocher, et dans une minuscule ruelle, où travaillaient le fabricant de tatamis,le professeur de danse japonaise en kimono, et la musicienne de koto,un instrument de musique traditionnel.

La maison n’avait pas été occupée depuis plusieurs mois et je commençai donc par inspecter minutieusement chaque pièce car nous étions en juin, la saison des pluies, et nombreux sont les insectes qui hantent les lieux inhabités …

Je rêvais de mon premier « ofuro », bain japonais traditionnel, présent dans toutes ces maisons anciennes….

Mais, au fond de la baignoire,…… Omukade 大百足

Autrement dit, un scolopendre, mille-pattes géant d’une vingtaine de cms..

Comme beaucoup de nuisibles, il apparait à la saison des pluies .

S’il se contentait de se promener dans les maisons, on pourrait -peut-être- apprendre à vivre avec ce charmant animal. Mais il refuse la cohabitation et attaque quiconque ose le déranger. 
Et sa morsure fait 10 fois plus mal d’une piqûre d’abeille ! Et, rarement, provoque une nécrose.
Il faut plus qu’un coup de balai pour le chasser, car le mukade est très territorial !!

Tout cela, bien sûr, je l’ignorais lorsque j’ai découvert ce monstre et j’ai appelé ma voisine, une vieille dame japonaise qui m’en a débarrassée à l’eau bouillante, 
seule solution efficace, semble-t-il…

Les légendes japonaises qui entourent les OMUKADE

Ils sont un symbole populaire parmi les samouraïs de la période Sengoku car ils ne reculent  jamais et sont extrêmement agressifs. On les appelle alors  « yokaï », monstres des légendes japonaises.

Voici celle qu’une amie me raconta plus tard et que j’ai retrouvée ici.

😉l’occasion pour vous de décrypter le passé simple …Omukade 大百足

Dans cette légende, se retrouvent les 5 éléments de la culture japonaise (terre, eau, feu, air, vide).
Ce monstre géant serait aussi le messager du dieu Bishamon Ten (l’un des sept dieux du bonheur).
Mais Omukade,Yokai de la terre, symbolise également la richesse, puisque « mille pieds », et il est le protecteur des ressources minières.

Dans la région d’Aichi, existe une superstition pour empêcher la multiplication des mukade:
écrire une phrase avec le nom de Tawara.

😂😂 je n’ai jamais essayé…

À bientôt !! 🐛🐛🐛🐉🐉