
Le Néolithique
Plus de 10 000 ans avant notre ère, les populations du Néolithique vivaient majoritairement en sociétés sédentaires, dans de véritables maisons, autour d’un foyer central, en pierre ou en brique, qui servait à chauffer l’habitation et à cuisiner
l’Antiquité gréco-romaine et la Gaule ( Bibracte)
Hypocauste : l’art gréco-romain du chauffage central….
Imaginez marcher pieds nus par un froid matin d’hiver, sur le sol de pierre chaud d’une villa romaine dont la chaleur monte du sol comme si la maison elle-même crachait du feu.
Il s’agissait de l’hypocauste, ingénieux système de chauffage central, connu des Grecs dès le 1er av JC siècle et perfectionné par les Romains. Sous les mosaïques finement ouvragées s’étendait un labyrinthe de petites colonnes de briques, les pilae, qui soutenaient le plancher surélevé des pièces. En dessous, des esclaves travaillaient sans relâche pour alimenter le fourneau en bois, permettant ainsi à l’air chaud et à la fumée de circuler sous les planchers et par des conduits dans les murs.


Ce système diffusait une douce chaleur dans tout l’espace, chauffant non seulement les sols, mais aussi les murs de marbre, les bains publics et même les temples.
Bien plus qu’une simple innovation technologique, c’était une révolution silencieuse, le premier véritable pas vers le chauffage moderne.
Ce confort luxueux existait bien avant que l’Europe n’imagine même les radiateurs. Mais il avait un prix. Chaque villa ou établissement thermal nécessitait d’énormes quantités de bois de chauffage et le travail incessant de ceux qui alimentaient les flammes. La chaleur de l’hypocauste se payait en sueur et en labeur.
Lorsque le Vésuve ensevelit Pompéi sous les cendres volcaniques, nombre de ces systèmes d’hypocauste furent préservés. Grâce à eux, nous comprenons aujourd’hui comment les Romains maîtrisaient le froid. Des sols en mosaïque magnifiquement ornés aux fourneaux atteignant plus de 400 degrés Celsius.
Son héritage ne disparut pas avec la chute de l’empire. Il perdura dans les hammams d’Al-Andalus, les glorias de Castille et l’ondol coréen, tous descendants d’une même idée :
chauffer par le bas, diffuser la chaleur uniformément et vivre en harmonie avec le feu.
Le Moyen Âge et ses divers modes de chauffage,
la jonchée
À l’approche de l’hiver, le travail du joncheur consistait à répandre de joncs (ce qui donne l’étymologie du mot), de paille ou de l’herbe coupée disposés sur le sol des chambres des grandes maisons bourgeoises et des châteaux. On appelait cela la jonchée.
Cette pratique existait même dans les maisons les plus modestes où elle était réalisée par les habitants à partir de débris végétaux.
La jonchée apportait une isolation thermique temporaire, indispensable pour affronter des hivers parfois plus rigoureux qu’aujourd’hui.

Le joncheur avait pour tâche de renouveler la couche de végétaux afin d’éviter qu’elle ne pourrisse.
Cette pratique a vraisemblablement perduré jusqu’à la Renaissance où elle a sans doute été remplacée par l’usage de tapis.
Les premières cheminées et poêles, qui perdurent aujourd’hui
En 1138, les premières cheminées apparaissent en France , mais leur usage se répand au XIVème siècle. Au départ, on les trouve dans les châteaux ou les abbayes, puis dans les habitations des villes et dans les campagnes.
La cheminée devient vite indispensable ! Elle sert à cuisiner, à se chauffer ou faire sécher le linge.
Mais elle s’impose aussi en tant que créateur de lien social grâce aux veillées et réunions au coin du feu.
À la nuit tombée, la famille est réunie autour du feu qui permet de se chauffer, d’éclairer et de se raconter des histoires en famille et chez les voisins: c’était la veillée ( jusqu’aux années 1950)

La cheminée ouverte devient une caractéristique centrale des foyers européens. Cependant, ces cheminées perdaient beaucoup de chaleur.
C’est à cette époque que l’on voit les premières formes de poêles fermés apparaître en Europe du Nord
les poêles rudimentaires du Haut Moyen Âge
Les origines des poêles alsaciens remontent au 7ᵉ siècle, où des dispositifs simples de chauffage de pots en terre cuite insérés dans des structures rudimentaires, permettant de diffuser une chaleur limitée mais précieuse dans un climat souvent rigoureux.
Vers le 14ᵉ siècle, une évolution majeure transforme ces poêles primitifs en véritables dispositifs d’accumulation de chaleur. Les carreaux en céramique – appelés « Kacheln » remplacent progressivement les simples pots. Ces carreaux, souvent ornés de motifs gravés ou peints, ne sont pas seulement fonctionnels : ils deviennent des objets de décoration, contribuant à la personnalisation des habitations.
Le poêle s’intègre à la « Stube », pièce essentielle des maisons alsaciennes traditionnelles, dédiée à la vie familiale, réunie autour de sa chaleur bienfaisante.


La Renaissance
tapis et tapisseries murales
Dans les châteaux, les tapisseries et les tentures coupaient l’effet de paroi froide des épais murs en pierre.
L’isolation mobile et réversible améliore le confort d’hiver sans sacrifier le confort d’été, puisqu’il suffit de la retirer pour profiter de l’inertie thermique.


Lit à baldaquin
Le ciel de lit accompagnés de pentes se développe essentiellement dans les pays aisés à la fin du xve siècle à la Renaissance. Il a à l’origine un rôle plus utilitaire que décoratif : les courtines, rideaux qui peuvent clore complètement le lit (tentures en tissus mats et d’une matière assez lourde) sont utilisées par les seigneurs et les nobles pour conserver la chaleur et préserver l’intimité car leurs serviteurs dorment souvent dans la même pièce

Lit Clos breton
Cadeau de mariage et motif de fierté de ses propriétaires, le lit clos ou « gwilé- kloz », fermé de tous côtés de panneaux de bois, est le meuble principal du foyer bas-breton du XVIIe au XIXe siècle qui cumulait les fonctions de lit, d’armoire, de coffre et de banc.
Il mesurait entre 1,60 et 1,70 m ; dimension suffisante pour les Bretons qui étaient assez petits et aussi parce qu’ils couchaient presque assis, adossés à trois ou quatre oreillers.La position allongée étant celle de la mort.
Dans des logements habituellement constitués d’une seule pièce, abritant toute la maisonnée, le lit-clos permettait un peu d’intimité et conservait la chaleur de ses occupants l’hiver . Il pouvait être à deux niveaux; dans ce cas, les jeunes dormaient à l’étage.

Selon la légende, les lits clos auraient été conçus pour se protéger des loups… Autrefois dans les villages,, les paysans disaient que ces bêtes pénétraient dans les maisons, s’emparaient des nourrissons endormis dans leur berceau auprès du feu et les emportaient. Alors, pour les protéger, ils les enfermaient dans les lits clos et barraient la porte avant d’aller aux champs.
Mais surtout contre porcs et poules rapaces qui entraient et sortaient sans arrêt des chaumières et ne regardaient pas ce qu’ils déchiraient : un cil, une oreille, un petit pied, une petite main…
🌺 Et pour finir, une petite « jonchée » de mots 🌺
Joncher
recouvrir le sol de choses éparses ex: les feuilles. jonchent le sol en automne
Un jonchet
Chacun des bâtonnets que l’on jette sur une table, pour jouer à les enlever un à un avec un crochet, sans imprimer le moindre mouvement aux bâtons voisins.
Veiller – la veillée
Rester volontairement éveillé pendant le temps habituellement consacré au sommeil.
Rester la nuit auprès d’ un malade pour s’occuper de lui
Veiller à qqch. : y faire grande attention, s’en occuper activement
Pendre la crémaillère
fêter l’emménagement dans un nouveau domicile
Cette expression encore utilisée de nos jours fait référence à cet objet, la crémaillère, que l’on accrochait dans les cheminées afin d’y suspendre la marmite. Par un système ingénieux, elle permettait de remonter ou d’abaisser la marmite ou le chaudron selon les besoins de la cuisson. Ainsi, La soupe, le ragoût mijotaient de longues heures au-dessus du feu


À bientôt ! 🔥🔥🔥
