La chauve-souris n’est pas un oiseau mais elle ne le sait pas et elle continue de voler.

C’est l’été et c’est à ce moment magique entre chien et loup qu’apparaissent des ombres furtives qui caressent l’obscurité en un gracieux ballet incessant.
Le petit peuple noctambule se réveille doucement et les chauve-souris en font partie et sont de précieuses amies qui méritent cet humble hommage.

Qui suis-je donc ? Ne suis-je pas jolie ?

Je ne suis pas un oiseau mais un mammifére et je donne naissance à un seul petit par an.
Je suis le seul mammifère à voler avec ses mains ; en effet, mes ailes sont des mains aux longs doigts effilés qui sous-tendent une fine et souple membrane. Outre le fait qu’elles me servent à voler, elles m’enveloppent  et régulent ainsi ma température. Je ressemble alors à une boule de velours de quelques centimètres. 
D’où mon nom de chiroptére , du grec « chiro » main et « ptère » aile.
Je me nourris exclusivement d’insectes ou de fruits, je ne bois pas de sang : ce n’est qu’un mythe. Je ne transmets absolument aucune maladie.
Et je suis votre amie, moi, la minuscule pipistrelle qui mange jusqu’à 3 000 insectes chaque nuit d’été.

Lisez cet article très intéressant qui vous dira tout sur moi.

Pourtant, depuis toujours, animal mystérieux, je frappe votre imagination et je suscite peur et répulsion… Vous me prêtez des pouvoirs maléfiques. 
Au Moyen-Âge, vous me surnommiez « suppôt de satan » et me clouiez aux portes des granges pour éloigner sorcières ou vampires.
Je suis pourtant minuscule en Europe !

Toutefois, dans certaines parties du monde, je suis le symbole  du bonheur, de la chance, de la longévité et de bien et, fort heureusement,  Il existe également de très nombreux contes et légendes pour vous aider à m’aimer

Ma légende préférée, celle de mon origine:

La nuit s’use à force de servir. Elle ne s’use point par le haut, dans ses étoiles. Elle s’use comme une robe qui traîne à terre, entre les cailloux et les arbres, jusqu’au fond des tunnels malsains et des caves humides.
Il n’est pas de coin où ne pénètre un pan de nuit. L’épine le crève, les froids le gercent, la boue le gâte. Et chaque matin, quand la nuit remonte, des loques s’en détachent, accrochées au hasard.
Ainsi naissent les chauves-souris.
Et elles doivent à cette origine de ne pouvoir supporter l’éclat du jour.
 » Filles de la nuit, elles ne détestent que les lumières, et, du frôlement de leurs petits châles funèbres, elles cherchent des bougies à souffler. » (Jules Renard – Histoires naturelles)

Les Minyades : des chauve-souris dans la mythologie grecque 

La mythologie grecque me prête des origines divines, moins sympathiques cependant :
Les Minyades, filles du roi Minyas d’Orchomène de Béotie, vivaient dans une cité grecque située à l’embouchure d’une rivière dans laquelle finissait l’Hippocrène, lieu de prédilection des Muses, dans les écrits des poètes.
Elles étaient trois: Leucippé (Λευχίππη), Arsinoé (Άρσινόη) et Alcathoé (Άλχαθόη). Selon la légende, elles refusèrent de se rendre à des bacchanales et de s’adonner au culte de Dyonisos. Pour se venger, le dieu les punit en les frappant de folie. elles démembrèrent Hippase, le jeune fils de Leucippé et furent alors transformées en corbeau, chauve-souris et hibou. Ce crime sanglant et son expiation sont à la base de la fête béotienne des Agrionies, qui évoquaient le caractère cruel et féroce du dieu Dionysos.

Héroïne dans le Levant espagnol: 

Depuis le XIIIe siècle, je figure dans le blason, dans les armes, sur l’étendard, sur les monuments, les médailles, les monnaies et beaucoup d’autres objets, comme les plaques d’égouts, notamment dans les provinces de Valence, d’Albacète, de Teruel et de Majorque.
En effet, Jacques Ier le Conquérant (1208-1276), roi d’Aragon, opposé aux Maures à Buirana près de Valence, vit entrer une chauve-souris « rat-penat » dans la tente royale où elle se mit à crier et le réveilla ainsi qu’une sentinelle des troupes royales, qui prévint toute la garnison; 
Les Maures, alertés à leur tour, prirent la chose pour un mauvais présage, et, après six siècles de présence, partirent définitivement sans combat.
Le roi prit cela pour un bon augure, estima que la chauve-souris méritait d’occuper une place ld’honneur et la mit au sommet de son étendard.

Une derniere légende pour vous expliquer pourquoi je dors la tête en bas

🙏 lisez toutes ces belles légendes à vos enfants, ils apprendront à m’aimer et à me protéger.🌺

À bientôt ! 🦇🦇🦇

La simplicité est la sophistication ultime. — Leonard de Vinci 

Me voici donc japonaise, en yukata blanc-bleu pour la fête d’Obon

Je vous ai raconté mon premier chez moi au Japon. Quelques photos pour illustrer l’épisode. Ce ne sont pas les miennes sur lesquelles se trouvent toujours ma famille ou mes amis et dont je tiens à préserver l’anonymat.

Comment était ma maison et sa petite ruelle japonaise Iwato-cho ?

Les maisons traditionnelles, d’un style épuré minimaliste, respirent l’harmonie.

Au Japon, on chauffe son corps plutôt que la maison

À l’intérieur, l’ancestral Horigotatsu est toujours utilisé car c’est bien plus qu’une simple table. C’est un véritable cocon de chaleur !

Au XIVe siècle, il fut créé pour pallier le manque d’isolation des maisons japonaises, qui laissaient entrer le froid un peu trop facilement.
À l’origine, un brasero à charbon de bois était glissé sous la table pour réchauffer ceux qui s’y installaient.
Mais ces braséros au milieu de tatamis en paille dans des maisons en ossature de bois provoquaient de graves incendies lors de forts tremblements de terre, notamment celui de 1923.
Aujourd’hui, ils sont équipés d’un chauffage électrique bien plus sécurisé et pratique.

Son fonctionnement ?  Simple, mais extrêmement efficace :
une table basse surmontée d’un futon épais qui retient la chaleur, et sous le plateau, une source de chaleur douce.
Résultat ? Il suffit de glisser ses jambes sous le futon pour ressentir une agréable sensation de bien-être, sans gaspiller d’énergie à chauffer toute une pièce.
Discuter, se restaurer ou faire une sieste en s’allongeant sur les tatamis et sous la couverture…

Selon le même concept, Ofuro, également un rituel ancestral de culture japonaise traditionnelle En quoi est-ce si particulier ?

Il  consiste à s’immerger un long moment jusqu’au cou, dans de l’eau chaude de 40 à 50°C, après s’être méticuleusement douché à l’extérieur et ce n’est qu’une fois propre qu’on entre dans la baignoire reliée à un thermostat et recouverte pour conserver la température.
Un havre de paix sacré à la fin de la journée pour réchauffer son corps, méditer en silence et se ressourcer, lové dans la vapeur. 
😉 petit bémol : toute la famille, des grands-parents d’abord jusqu’aux enfants se trempent successivement dans la même eau….

Dans ma maison, c’était celle d’hier : des toilettes  » à la turque », certes moins confortables mais plus hygiéniques…

Les occupants de la maison plus ou moins sympathiques dont je vous ai parlé: Tarente et scolopendre

au fond de la baignoire,.. Omukade 大百足, un scolopendre, mille-pattes géant d’une vingtaine de cms.
Un  yōkai 妖怪, selon les légendes japonaises depuis le VIIIe siècle

À bientôt !🦎🦎