Si tu as peur, ne le fais pas. Si tu le fais, n’aie  pas peur – Gengis Khan

Quel est donc le pays de Maria, la bouriate, le plus beau souvenir de mon voyage à travers la Russie ?

Elle vivait en Sibérie, en Bouriatie, pays de steppes, de taïga et de très hautes montagnes autour de l’immense lac Baïkal, superficie de 3,15 millions d’hectares, le plus ancien (25 millions d’années) et le plus profond (1 700 m) lac du monde. Il contient 20 % des eaux douces les plus pures de la planète.

« la perle de Sibérie », si chère au cœur et à l’âme des bouriates.

🤔 La Sibérie ? C’est immense comme Inde et Canada réunis !

Avec une superficie de 13,1 millions de kilomètres carrés, la Sibérie représente environ 77 % du territoire total de la Russie et près de 9 % de la surface des terres émergées. Sa longueur est-ouest est de 7500 km, du nord au sud de 3500 km.

Et la Bouriatie, le Pays de Maria en est une minuscule partie (en rouge sur la carte).

Qui sont les bouriates ?

D’abord, en Sibérie, il y eut les Huns (fin IIIe- fin Ier siècle av.J-C). Un état puissant de nomades en Asie Centrale qui regroupait diverses ethnies, protomongoles surtout, mais aussi prototoungouses et protoïraniens. Cet état perdura pendant trois siècles.

Puis, durant des centaines d’années, différentes institutions de nomades se succédèrent et parmi celles du premier millénaire apr. J.-C., le peuple Kourykane se distingua par son niveau de culture et son influence politique. Du VIe au Xe s. il était le peuple le plus puissant et le plus important de Transbaïkalie. Les Kourykanes peuplaient les rives du Baïkal, celles de l’Angara, les régions en amont de la Lena.

Au XIe s. un groupe de tribus mongoles s’installa dans les territoires de l’Angara, de la Léna et du nord du Baïkal. 
Ces immigrations mongoles fusionnèrent avec les Kourykanes et donnèrent naissance aux ancêtres des Bouriates actuels.

Il en fut ainsi jusqu’à la formation de l’Empire Mongol, en 1206, quand Gengis Khan réunit toutes les tribus principales des Mongols.

Après la chute de son empire, l’Etat Mongol continua d’exister, déchiré par des guerres féodales.

Au XVIème siècle, l’Empire Russe commenca à étendre ses frontières vers l’est. De grands événements historiques se déroulant du côté du Baïkal influencèrent les destinées des peuples de ces régions. 

En 1666, les cosaques russes construisirent un fortin en bois sur la haute rive de la Ouda. Il donna naissance à l’importante ville marchande de Verkhnéoudinsk. 

C’est cette ville qui deviendra plus tard la capitale de la Bouriatie, Oulan-Oudé.

Occupant une position avantageuse sur la voie commerciale avec la Russie, la Chine et la Mongolie, la ville de Verkhnéoudinsk se transforma rapidement en l’un des principaux centres du commerce de la Russie vers l’Orient. Par la ville transitaient les marchandises entre l’étranger et la Russie et au XXe siècle, le Transsibérien facilita grandement les échanges.

Le 27 juillet 1934 Verkhnéoudinsk prit le nom Oulan-Oudé.

Les conséquences de la période soviétique se matérialisèrent sous la forme de progrès dans l’enseignement, les sciences et la culture : création des centres scientifiques et de recherches, quatre établissements d’enseignement supérieur, une vingtaine d’instituts techniques et des établissements d’enseignement secondaire.

Le 8 octoble 1990 fut proclamée la souveraineté d’état de la République Bouriate Soviétique Socialiste. Le 27 mars 1991, le Parlement de la République supprima de l’appellation officielle de la République les mots « Soviétique » et « Socialiste ». 

La république prit dès lors le nom de « République de Bouriatie ». La république souveraine possède sa propre Constitution et les pouvoirs législatif et exécutif. Le premier président de la République fut élu en 1994.

Quelles sont les traditions et les religions des bouriates ?

« Les Mongols vivent grâce aux symboles, les Tibétains grâce à la magie, les Chinois grâce au profit. » (Proverbe mongol).

« Différentes religions et confessions coéxistent en paix en Bouriatie. Parmi elles, le Bouddhisme, l’Orthodoxie et le Chamanisme. Le centre du Bouddhisme de la Russie se trouve en Bouriatie. Et son premier temple féminin est en cours de construction.(source)

Les coutumes et les traditions de la population locale trouvent leurs racines dans le patrimoine culturel des ethnies qui peuplaient le territoire de la Transbaïkalie avant l’arrivée des Russes. Certaines coutumes sont en fait les échos d’anciens rites chamaniques et bouddhistes, dont le contenu et la signification religieuse ont été perdus avec le temps. Cependant, il reste des traditions rituelles encore respectées qui persistent de nos jours. Plusieurs croyances et tabous ont des racines communes originaires d’Asie Centrale, c’est pourquoi ils sont identiques chez les Bouriates et chez les Mongols.

Selon la croyance bouriate, chaque montagne et chaque vallée a son esprit. L’homme sans esprits n’est rien. Il faut amadouer les esprits, qui sont omniprésents, pour qu’ils ne nuisent pas à l’homme, mais lui accordent leur aide. Les Bouriates ont pour coutume de prier les esprits du territoire. Cette traditon a pour nom « bryzgat ».

Par exemple, avant de boire de l’alcool, du bout des doigts, on en verse de petites gouttes aux quatre points cardinaux en hommage aux esprits.
Et c’est ce que j’ai fait chez mon amie bouriate Maria qui a rejoint les esprits de ses montagnes et pour laquelle j’écris ces quelques lignes 

Ces traditions perdurent-elles en 2026 ?

Oui, plus que jamais, en ces sombres moments …
Aujourd’hui, le sculpteur Dachi Namdakov, originaire d’un lointain village bouriate, est passé d’un artisan  à un artiste exposé dans les musées du monde entier.

 » Il rend avant tout hommage au lien entre l’homme et la nature, ainsi qu’aux légendes de ses ancêtres. En 2016, Daсhi s’est tourné vers la tradition nationale de fabrication de poupées – dans la culture bouriate, elles sont associées aux rituels bouddhistes et chamanistes. Elles peuvent prendre la forme d’animaux sacrés, de divinités ou d’idoles du culte maternel. Depuis les temps anciens, les artisans bouriates fabriquent des poupées-amulettes.
Traduit de la langue bouriate, « oulguèr » signifie « légende ». C’est le nom d’une série de poupées, réalisées d’après les croquis de Dachi Namdakov. »

À bientôt ! 🚂🛤️


« une noble gueuse  » et ses tours et détours de vilaine fille 

 Le français, ce sont les grandes orgues, qui se prêtent à tous les timbres, à tous les effets, des douceurs les plus suaves aux fulgurances de l’orage. Léopold Sédar Senghor

Pourquoi les étrangers aiment-ils autant la langue française? Les raisons sont légion !

Le saviez-vous ? en 2017, l’accent français a été élu -et ce pour la deuxième année consécutive- accent le plus sexy au monde !
Mais ils l’aiment surtout pour sa richesse liée à sa culture historique et artistique et son romantisme foisonnant en littérature, dans ses expressions et son vocabulaire.
La langue de l’amour, la surnomment-ils…

 » L’amour est une mer dont la femme est une rive ».Victor Hugo

Ils en adorent également sa musicalité : son flux naturel, les sons et le rythme, grâce à son E muet et à ses liaisons. 
La conclusion revient à ma petite-fille de 8 ans: 
“ les mots se dégustent. Il faut les lécher lentement comme une glace”

Même s’ils l’aiment, les étrangers la trouvent complexe, voire difficile. Et pourtant, ils l’apprennent plutôt vite et bien. Je suis professeur FLE, je peux l’affirmer.
Pour les anglophones, le vocabulaire n’est pas si difficile car plus de la moitié des mots anglais vient du français, 😉prononcés différemment …

Les mots et les expressions ont une histoire

Certes, ils tirent leur origine du latin et du grec. Mais certains proviennent du nom d’une personne, d’un personnage ou d’un événement historique.
En voici quelques -uns et leurs liens pour en découvrir l’histoire complète:

La pipelette chez Eugène Sue 

Une pimbêche chez Racine

« L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche », de Miguel de Cervantes

LES SYBILLES, COPIE D’APRÈS RAPHAËL, ÉGLISE SANTA MARIA DELLA PACE, ROME

XIXe siècle, romans-feuilletons: Rocambole

pourquoi les expressions françaises sont-elles une véritable mine d’or ?

Damoclès

Clochemerle

😉 après cette petite omelette de mots et d’expressions, voyons en conclusion ce que l’on peut dire avec des œufs .

À bientôt ! 🔔🪺🎭

je suis en route…

Avez-vous lu la Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars ?

si vous le faites, comme moi à 16 ans,  peut-être vous promettrez-vous de faire un jour ce voyage d’une semaine et de presque 10 000 kms dans ce train mythique qu’est le Transsibérien, qui traverse la Sibérie jusqu’à Vladivostok, sur la plus longue voie ferrèe du monde.

En seconde classe, à l’entrée de chaque wagon, la cabine privée de la surveillante et , en face, un samovar et les verres pour le thé ( 😉 j’avoue en avoir volé un, en souvenir, faute d’avoir pu l’acheter…)

Mais quelle est donc l’histoire de ce train fabuleux ?

Je me suis contentée de reproduire textuellement ici les propos d’historiens dont vous trouverez les liens ci-dessous. Ils l’expliquent mieux que je ne saurais le faire.

Si la révolution russe de 1917 a réussi, c’est grâce à ce train, l’armée rouge pouvant plus facilement déplacer ses troupes. Si Staline a pu résister à Hitler durant la Seconde Guerre mondiale, c’est aussi grâce à ce cordon ombilical avec l’Extrême-Orient qui a permis d’amener hommes et armes sur le front. Si le régime communiste a pu déporter ses opposants dans les goulags… Mais la déportation massive a commencé dès les premiers jours de la découverte de la Sibérie, bien avant qu’un Staline ou un Hitler ne l’utilisent. Ainsi, sous le règne de Pierre le Grand déjà, les fortes têtes et autres indociles furent envoyés dans cette immense prison sans mur ni barreaux. Ici, le gardien est l’espace, les murs sont le froid glacial et les barreaux la distance.

En hiver, il faut affronter des températures en dessous de 50 degrés  qui tordent même le fer des chaînes des prisonniers.

Parmi les plus célèbres déportés sous l’empire, on trouve des princes (les Décembristes, nom donné aux participants à la révolte contre le pouvoir du Tsar du 14 décembre 1825), des écrivains comme Feodor Dostoïevski qui passa plus de quatre années de travaux forcés en Sibérie (une expérience terrifiante qu’il relate dans Souvenirs de la maison des Morts et dans Carnets de Sibérie) et même des membres de la famille impériale.

LA SIBÉRIE, ce pays de nulle part

La Sibérie, territoire infini, grand comme des dizaines de fois l’Europe toute entière, aux températures extrêmes de -50 °, est entrée dans l’histoire de la Russie autour du XVIIIe siècle lorsque les premiers Cosaques sont arrivés dans la région de Tobolsk et y ont vaincu le Khan régnant sur ces immenses pleines. 

Une première victoire qui en annonce de nombreuses autres jusqu’à la construction du transsibérien et la ligne Baïkal-Amour terminée au début des années 1980.

Territoire d’aventures au delà de l’Oural, un monde inconnu et infini qui, depuis, soulève la curiosité et les convoitises du simple voyageur comme des dirigeants successifs de l’immense empire Russe.

Des premières et lentes caravanes conduites par les marchands de fourrure aux Express du transsibérien, l’histoire des voies de communication à travers la Sibérie commença bien avant l’arrivée des Russes. De longs mois étaient nécessaires pour ramener les fourrures précieuses achetées aux populations nomades habitant les lieux. Si tout se passait bien, seule une petite partie du convoi revenait saine et sauve. S’ils n’étaient pas morts de froid de faim ou terrassés par les nombreuses maladies qui infestaient les régions traversées, les courageux marchands-aventuriers devaient encore faire face aux assauts des populations hostiles et des animaux sauvages. Cette grande incertitude liée aux difficultés de la route s’est étendue sur des siècles avant l’apparition de la ligne de chemin de fer que nous connaissons aujourd’hui. La distance, toujours cette distance interminable du chemin pour atteindre la Sibérie. Des semaines, des mois et parfois des années pour faire l’aller-retour.

C’est sous le règne de Pierre le Grand puis de Catherine II (dite Catherine la Grande) que la Sibérie est devenue un véritable centre d’intérêt pour les autorités. Sous l’impulsion des grandes idées des Lumières, les géographes dressent les premières cartes et procèdent à une étude de la topographie de l’immense région. Scientifiques et militaires organisent des expéditions de reconnaissance dans des régions dont il était encore impossible d’imaginer l’existence. C’est également à cette période que l’idée – folle – de relier St Pétersbourg à Pékin traverse l’esprit des hommes de l’époque.

Ainsi, en 1781, Voltaire, grand russophile, occupé à rédiger une biographie de Pierre le Grand écrit dans une lettre au commanditaire de l’oeuvre : « Il est tout à fait envisageable de se rendre de St Pétersbourg à Pékin par la terre en ne traversant qu’un nombre restreint de montagnes et de fleuves ».

Dès sa construction au début du 19ème siècle, le Transsibérien a été proclamé le joyeau de la couronne de l’Empire russe et il est devenu célèbre partout dans le monde. 

Trente ans d’études et de recherches ont été nécessaires avant le lancement de l’une des plus formidables aventures techniques et humaines pour ce qui ambitionne de devenir, selon les mots du Tsar en personne « une merveille des temps modernes ».

La paternité de l’idée de la construction d’une voie ferrée transsibérienne est attribuée au comte Mouraviev-Amourski, gouverneur général de la Sibérie orientale de 1847 à 1861.

Au cours de la construction du Grand chemin de fer sibérien furent posées au total, en plusieurs tronçons, 10 000 kms de voies entre Tcheliabinsk (Oural) et Vladivostok (au bord du Pacifique), du 31 mai 1891 jusqu’au 5 octobre 1916, (pose du dernier tronçon du Transsibérien).

Ce trajet fut depuis le début légendaire et la publicité dont il fut l’objet à l’Exposition universelle de Paris de 1900 ne fut pas l’unique raison de son succès immédiat chez les voyageurs du monde entier.

En effet, les Français ont suivi cette entreprise avec beaucoup d’intérêt. Lors de l’exposition universelle de Paris, en 1900, un espace immense est réservé à la Russie. Le clou de l’exposition c’est bien entendu la présentation en grandes pompes du Transsibérien. Les voitures luxueuses de ce train prestigieux sont exposées au Trocadéro. Un train complet, dont les wagons ont été construits par les Ateliers de Saint-Denis, est présenté aux visiteurs de l’exposition : deux wagons restaurants, un sleeping et une voiture salon avec salle de coiffures, salle de bains… Un soin extrême a été apporté à la finition de ces wagons, ornés de boiseries en acajou et meublés en style Louis XVI

Quelles ont été les raisons de la construction du Transsibérien ?

Le Transsibérien revêt plusieurs objectifs pour l’empire russe du tsar Nicolas II. Tout d’abord économique, lié à l’exploitation des ressources souterraines en Sibérie, le fer et la houille notamment. Il s’agissait également de faciliter le développement des villes situées à proximité du chemin de fer.

Ensuite, la liaison ferroviaire remplit un rôle stratégique de dissuasion d’éventuelles conquêtes de la Sibérie par la Chine. En effet, la présence militaire chinoise dans la région du Baïkal inquiétait Nicolas II, ce qui impulsa le projet afin d’assurer la mainmise russe sur la région.

Enfin, le Transsibérien avait un écho politique et géopolitique puisqu’il apparaissait comme un moyen pour le pouvoir russe de montrer sa puissance par l’étendue de son empire et d’affirmer sa présence en Asie orientale

En outre, le prestige que représentait le Transsibérien auprès de Paris ou de Londres notamment, amorça un rapprochement du pays avec des villes occidentales influentes.

Depuis cette époque, le Transsibérien est principalement utilisé par les habitants locaux pour leurs besoins en navettes, ce qui en fait un excellent moyen pour rencontrer les vraies personnes du pays et ressentir l’âme authentique de la nation. 

Le chemin de fer Transsibérien combine de manière unique des idées romantiques sur le voyage avec des paysages et des impressions incomparables.

https://www.instagram.com/reel/DRoaqI5jPv6/. Vidéo du Chasse neige devant le transsibérien 

et si vous voulez en savoir plus https://www.espace-transsiberien.com/histoire

À bientôt ! 🚞🚞