Avez-vous lu la Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars ?
si vous le faites, comme moi à 16 ans, peut-être vous promettrez-vous de faire un jour ce voyage d’une semaine et de presque 10 000 kms dans ce train mythique qu’est le Transsibérien, qui traverse la Sibérie jusqu’à Vladivostok, sur la plus longue voie ferrèe du monde.

En seconde classe, à l’entrée de chaque wagon, la cabine privée de la surveillante et , en face, un samovar et les verres pour le thé ( 😉 j’avoue en avoir volé un, en souvenir, faute d’avoir pu l’acheter…)

Mais quelle est donc l’histoire de ce train fabuleux ?
Je me suis contentée de reproduire textuellement ici les propos d’historiens dont vous trouverez les liens ci-dessous. Ils l’expliquent mieux que je ne saurais le faire.

Si la révolution russe de 1917 a réussi, c’est grâce à ce train, l’armée rouge pouvant plus facilement déplacer ses troupes. Si Staline a pu résister à Hitler durant la Seconde Guerre mondiale, c’est aussi grâce à ce cordon ombilical avec l’Extrême-Orient qui a permis d’amener hommes et armes sur le front. Si le régime communiste a pu déporter ses opposants dans les goulags… Mais la déportation massive a commencé dès les premiers jours de la découverte de la Sibérie, bien avant qu’un Staline ou un Hitler ne l’utilisent. Ainsi, sous le règne de Pierre le Grand déjà, les fortes têtes et autres indociles furent envoyés dans cette immense prison sans mur ni barreaux. Ici, le gardien est l’espace, les murs sont le froid glacial et les barreaux la distance.
En hiver, il faut affronter des températures en dessous de 50 degrés qui tordent même le fer des chaînes des prisonniers.
Parmi les plus célèbres déportés sous l’empire, on trouve des princes (les Décembristes, nom donné aux participants à la révolte contre le pouvoir du Tsar du 14 décembre 1825), des écrivains comme Feodor Dostoïevski qui passa plus de quatre années de travaux forcés en Sibérie (une expérience terrifiante qu’il relate dans Souvenirs de la maison des Morts et dans Carnets de Sibérie) et même des membres de la famille impériale.
LA SIBÉRIE, ce pays de nulle part
La Sibérie, territoire infini, grand comme des dizaines de fois l’Europe toute entière, aux températures extrêmes de -50 °, est entrée dans l’histoire de la Russie autour du XVIIIe siècle lorsque les premiers Cosaques sont arrivés dans la région de Tobolsk et y ont vaincu le Khan régnant sur ces immenses pleines.
Une première victoire qui en annonce de nombreuses autres jusqu’à la construction du transsibérien et la ligne Baïkal-Amour terminée au début des années 1980.

Territoire d’aventures au delà de l’Oural, un monde inconnu et infini qui, depuis, soulève la curiosité et les convoitises du simple voyageur comme des dirigeants successifs de l’immense empire Russe.
Des premières et lentes caravanes conduites par les marchands de fourrure aux Express du transsibérien, l’histoire des voies de communication à travers la Sibérie commença bien avant l’arrivée des Russes. De longs mois étaient nécessaires pour ramener les fourrures précieuses achetées aux populations nomades habitant les lieux. Si tout se passait bien, seule une petite partie du convoi revenait saine et sauve. S’ils n’étaient pas morts de froid de faim ou terrassés par les nombreuses maladies qui infestaient les régions traversées, les courageux marchands-aventuriers devaient encore faire face aux assauts des populations hostiles et des animaux sauvages. Cette grande incertitude liée aux difficultés de la route s’est étendue sur des siècles avant l’apparition de la ligne de chemin de fer que nous connaissons aujourd’hui. La distance, toujours cette distance interminable du chemin pour atteindre la Sibérie. Des semaines, des mois et parfois des années pour faire l’aller-retour.

C’est sous le règne de Pierre le Grand puis de Catherine II (dite Catherine la Grande) que la Sibérie est devenue un véritable centre d’intérêt pour les autorités. Sous l’impulsion des grandes idées des Lumières, les géographes dressent les premières cartes et procèdent à une étude de la topographie de l’immense région. Scientifiques et militaires organisent des expéditions de reconnaissance dans des régions dont il était encore impossible d’imaginer l’existence. C’est également à cette période que l’idée – folle – de relier St Pétersbourg à Pékin traverse l’esprit des hommes de l’époque.
Ainsi, en 1781, Voltaire, grand russophile, occupé à rédiger une biographie de Pierre le Grand écrit dans une lettre au commanditaire de l’oeuvre : « Il est tout à fait envisageable de se rendre de St Pétersbourg à Pékin par la terre en ne traversant qu’un nombre restreint de montagnes et de fleuves ».
Dès sa construction au début du 19ème siècle, le Transsibérien a été proclamé le joyeau de la couronne de l’Empire russe et il est devenu célèbre partout dans le monde.
Trente ans d’études et de recherches ont été nécessaires avant le lancement de l’une des plus formidables aventures techniques et humaines pour ce qui ambitionne de devenir, selon les mots du Tsar en personne « une merveille des temps modernes ».
La paternité de l’idée de la construction d’une voie ferrée transsibérienne est attribuée au comte Mouraviev-Amourski, gouverneur général de la Sibérie orientale de 1847 à 1861.
Au cours de la construction du Grand chemin de fer sibérien furent posées au total, en plusieurs tronçons, 10 000 kms de voies entre Tcheliabinsk (Oural) et Vladivostok (au bord du Pacifique), du 31 mai 1891 jusqu’au 5 octobre 1916, (pose du dernier tronçon du Transsibérien).


Ce trajet fut depuis le début légendaire et la publicité dont il fut l’objet à l’Exposition universelle de Paris de 1900 ne fut pas l’unique raison de son succès immédiat chez les voyageurs du monde entier.
En effet, les Français ont suivi cette entreprise avec beaucoup d’intérêt. Lors de l’exposition universelle de Paris, en 1900, un espace immense est réservé à la Russie. Le clou de l’exposition c’est bien entendu la présentation en grandes pompes du Transsibérien. Les voitures luxueuses de ce train prestigieux sont exposées au Trocadéro. Un train complet, dont les wagons ont été construits par les Ateliers de Saint-Denis, est présenté aux visiteurs de l’exposition : deux wagons restaurants, un sleeping et une voiture salon avec salle de coiffures, salle de bains… Un soin extrême a été apporté à la finition de ces wagons, ornés de boiseries en acajou et meublés en style Louis XVI

Quelles ont été les raisons de la construction du Transsibérien ?
Le Transsibérien revêt plusieurs objectifs pour l’empire russe du tsar Nicolas II. Tout d’abord économique, lié à l’exploitation des ressources souterraines en Sibérie, le fer et la houille notamment. Il s’agissait également de faciliter le développement des villes situées à proximité du chemin de fer.
Ensuite, la liaison ferroviaire remplit un rôle stratégique de dissuasion d’éventuelles conquêtes de la Sibérie par la Chine. En effet, la présence militaire chinoise dans la région du Baïkal inquiétait Nicolas II, ce qui impulsa le projet afin d’assurer la mainmise russe sur la région.
Enfin, le Transsibérien avait un écho politique et géopolitique puisqu’il apparaissait comme un moyen pour le pouvoir russe de montrer sa puissance par l’étendue de son empire et d’affirmer sa présence en Asie orientale.
En outre, le prestige que représentait le Transsibérien auprès de Paris ou de Londres notamment, amorça un rapprochement du pays avec des villes occidentales influentes.
Depuis cette époque, le Transsibérien est principalement utilisé par les habitants locaux pour leurs besoins en navettes, ce qui en fait un excellent moyen pour rencontrer les vraies personnes du pays et ressentir l’âme authentique de la nation.
Le chemin de fer Transsibérien combine de manière unique des idées romantiques sur le voyage avec des paysages et des impressions incomparables.
https://www.instagram.com/reel/DRoaqI5jPv6/. Vidéo du Chasse neige devant le transsibérien
et si vous voulez en savoir plus https://www.espace-transsiberien.com/histoire
À bientôt ! 🚞🚞
